RDC/ Opinion: La crainte d’un rejet social ou familial, cause des avortements clandestins !

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Les rapports sexuels sont partout un des aspects du comportement social le plus entouré d’interdits culturels, du moins en République Démocratique du Congo, pour ne pas dire de l’Afrique en général.

Pour des rapports non protégés ou dans des cas de violences sexuelles ou incestes, la majorité de femmes se retrouvent porteuses des grossesses non désirées. Celles-ci restent

Cependant, perçues à tort ou à raison, comme une fatalité dans nos sociétés. La sexualité étant déjà un sujet « tabou » dans des foyers, se présenter avec une grossesse est considéré comme un acte immoral au risque de se voir chasser spectaculairement du domicile. Cette situation pousse, très souvent, les victimes à des avortements pratiqués dans la clandestinité, avec tous les risques possibles qu’elles en courent. L’essentiel est de n’être connue comme enceinte devant les parents pour s’éviter le comble.

La crainte de la réaction des parents ou de la famille face à une grossesse considérée comme inacceptable (jeunes femmes, célibataires ou censées ne pas avoir de relations sexuelles) et les problèmes de couples (mésententes, grossesses pré maritales, refus de paternité, partenaires occasionnelles, grossesses adultérines) expliquent certaines interruptions clandestines de grossesses. Ces motifs sont d’une importance variable selon l’âge des femmes et leur situation matrimoniale.

Du point de vue de la morale religieuse, les rapports sexuels ne devraient par exemple intervenir que dans le cadre d’une union socialement reconnue et devraient exclusivement être réservés pour la procréation. Alors qu’il est sans doute vrai, les rapports sexuels sont un besoin naturel qui survient à n’importe quel moment.

Ce qui méritent au moins une conduite responsable des dits rapports sexuels, afin d’éviter des grossesses non désirées que d’accentuer des surpressions du stigma sur la victime de ces genres de grossesses involontaires, lesquelles déboucheraient, dans la plupart de cas à des avortements clandestins qui tuent les jeunes filles et femmes congolaises au quotidien.

Dans les faits, la morale sociale est de plus en plus remise en question, comme l’atteste des pourcentages non négligeables de naissances hors mariage comme en RDC, notamment chez les adolescentes.

La décision d’avorter est, pour ces jeunes femmes, largement dépendante de la réaction du partenaire et de sa capacité à accepter la paternité d’une part, et d’autre part le regard de la société sur la victime de grossesse, quoi qu’il en soit les raisons ., violée, agressée, etc.
Au moins, en ce jour, la précision mérite d’être apportée quant à ce.

L’article 14, alinéas 2 du Protocole de Maputo, un traité à portée régionale auquel la RDC a adhéré, ratifié depuis 2018, et publié au journal officiel le 14 Mars 2018, donne le droit aux femmes de recourir à l’avortement sécurisé. Cela est possible, quand la femme se retrouve devant des cas d’agressions sexuelles, de viol, d’inceste et au cas où la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou du fœtus, après quoi, la femme se retrouverait enceinte. Ce protocole représente aujourd’hui une option pour sauver des femmes qui n’avaient d’autres choix que de recourir aux avortements clandestins.

Ainsi, la vulgarisation, mais aussi l’application effective du dit protocole dans toute l’étendue de la RDC est nécessaire pour mettre un terme à la perte en vies humaines causée par des avortements clandestins dans le pays.

– Par Liliane Safi

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