Insécurité à Goma : à qui la faute ?

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La ville de Goma, Est de la République Démocratique du Congo, traverse une période accrue d’insécurité. Jour après jour, les tueries, cas de vols…sont signalés dans la ville touristique. À qui revient la faute ?

Il est 7h 20, Mardi 03 Novembre. Une belle journée ensoleillée s’annonce sur la ville touristique. De retour de l’école Arc-en-ciel, en plein centre ville au quartier Les Volcans, où il venait déposer son enfant, Simba Ngezayo, un opérateur économique et fils de Ngezayo, gestionnaire de l’hôtel Karibu, est abattu de tirs de balles en bout portant par un bandit. Il s’est volatilisé après son forfait grâce à moto. Acheminé dans la foulée à l’hôpital Heal Africa, l’homme d’affaire finit par succomber de ses blessures trente minutes après le fait. Une bavure de plus d’insécurité qui vient remuer le couteau dans la plaie de gomatraciens qui, depuis plusieurs mois, vivent dans une incertitude sur le plan sécuritaire.

La population locale, impuissante devant ses hors la loi, fustige quelques instants après cette tuerie de plus. Sur les réseaux sociaux, tout le monde s’en va de son commentaire. Les messages de condoléances, le pointage du doigt des autorités provinciales qui ne réagissent pas à ces actes inciviques ou encore les demandes de démission du maire de la ville.

Pour le mouvement lutte pour le changement ( LUCHA ) par exemple,  » la circulation incontrôlée des armes, le désordre et les complicités au sein de la police, de l’armée et de l’ANR sous l’œil indifférent de Kinshasa ; l’incompétence des autorités locales et provinciales…ce sont autant d’ingrédients qui font perdurer cette situation. « 

Comme le message de ce mouvement citoyen, ils sont nombreux à pointer du doigt l’actuel maire de la ville de Goma depuis sa récente sortie médiatique en poudre qui, on le rappelle, avait invité les bandits à reprendre leurs activités après le départ du président, qui séjournait en ville de Goma à ce temps. Cette nouvelle tuerie est peut-être le commencement de la dernière ligne de démission de Muisa Kwese Timothée, qui ne cesse de faire parler de lui en emprisonnant les militants non-violent au cours des marchés, dont le dernier exemple reste celui du musicien et militant Black Man Bausi, arrêté depuis le week-end de la semaine dernière.

«  Nous avons à maintes reprises formulé des propositions concrètes pour endiguer l’insécurité à Goma et dans d’autres zones urbaines du pays (Lubumbashi, Bukavu, Kinshasa…) mais nous avons en face des « dirigeants » sourds-muets, préoccupés par leur seule survie politique « , poursuit le poste Twitter de la LUCHA.  » On peut ne pas avoir été démocratiquement élu, et parvenir pourtant à asseoir sa légitimité. Un POUVOIR LÉGITIME n’est pas nécessairement celui issu du vote populaire, c’est celui que les citoyens reconnaissent comme JUSTE et UTILE pour le BIEN COMMUN « . Une parole adressée directement au président de la république ? En tout cas, ce message reste énigmatique pour autant que, lors de son séjour dans la ville touristique, Félix Antoine Tshisekedi avait promis revenir, deux semaine après, s’installer à Goma pour suivre de près la situation sécuritaire inquiétante que traversent ses concitoyens. Depuis, cette promesse est compromise comme fallacieuse.

Au mois d’octobre dernier, un autre opérateur économique avait été tué pendant la journée dans le quartier Katoyi, toujours à Goma. Depuis, les faits n’ont jamais été élucidés et les enquêtes jamais menées. Un contexte que condamne la société civile locale.  » que les enquêtes soient menées jusqu’à l’arrestation et la condamnation de ces malfaiteurs. Trop c’est trop « , a déclaré Marrion Ngavho, président de la société civile Goma.

La période d’accalmie est pour l’instant loin de s’observer à Goma. Le bout du tunnel reste loin. De la part de la population locale, la vigilance et le fait de rester hors de portée des conflits pourront leur éviter le pire.

David Kasi

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