#TechSansViolences : La cyberviolence sexuelle, Du virtuel bien réel

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La cyberviolence sexuelle est une forme de violence sexuelle réalisée au moyen des différentes technologies de communications( le web, les médias sociaux, les textos, etc). Il peut s’agir des avances sexuelles, des tentatives d’obtenir des faveurs ou des vidéos à caractère sexuel.
Sur la toile des jeunes, et notamment des jeunes filles, sont victimes d’agression sexuelle, d’exploitation sexuelle et de la cyberviolence au quotidien. Cet état de chose entraine des lourdes conséquences, tant pour les victimes et leurs proches, que pour la société. Nous avons mené une discussion avec quelques jeunes filles de la ville de Goma sur la cyberviolence.

Partant de l’expérience personnelle, passant par la gestion des faits aux conséquences entrainées par la cyberviolence, elles nous ont partagé avec rage. Elles ont condamné cette pratique qui prend du jour le jour de l’ampleur dans la ville et qui touche directement la dignité de la femme.

Du virtuel bien réel

Si ces messages sont envoyés, diffusés, rédigés sur des espaces virtuels, les impacts sont, eux, bien tangibles.
Il y a encore cette croyance que ce qui se passe en ligne n’est pas réel, ou n’aurait pas de conséquence sur la vie dite hors ligne.
Or, c’est totalement faux, cela fait des nombreuses années que le « en ligne » et le « hors ligne » s’entrelacent pour former un tout indissociable.
C’est le cas de ces jeunes filles, dont les témoignages sont pris en anonymat tour à tour. Une à seulement 14 ans avait été publiée à moitié nue dans un groupe créé sur Facebook.
Une autre, au nom de la fraternité, paye jusqu’aujourd’hui les méga bite pour lutter contre la publication des vidéos et photos de son frère.
Enfin, une autre qui reçoit chaque 22 heures et 3 heures du matin des appels vidéo et des photos de l’un de ses professeurs.
Par peur d’un échec profond dans un cours d’option, partage également avec lui des moments d’intimité contre son gré.
« Il Y a des années dans ma ville, Goma, un groupe Facebook avait été créé sous le nom de Goma love story. Un bon matin, je me réveille, dans ma messagerie des messages venaient de part et d’autre.
Il s’agissait de mes amis et amies proches. La phrase était, tu nous fais la honte. Dans le groupe, j’étais à la Une, et j’étais à moitié nue. Ma photo était accompagnée d’un message d’avertissement en swahili. Dès ce jour-là, j’ai décidé de quitter les réseaux sociaux. Car à seulement 14ans j’avais l’image d’une pute. Je profite de cette occasion pour appeler mes jeunes sœurs, les réseaux sont un couteau à double tranchant, ne partager que le contenu dont vous êtes capables d’assumer les retombées même devant vos parents. »

« Mon frère était en relation avec une fille sur internet, et facilement ils se partageaient des vidéos et photos intimes. Après un temps, la fille commençait à lui faire du chantage. Etant amie sur facebook avec la fille, et me connaissant comme la sœur à mon frère, elle m’a partagé des vidéos et photos de mon frère tout nu. Elle m’a laissé savoir que si je ne lui envoie pas des mégas chaque jour, elle aura à rendre publiques les photos et vidéos de mon frère. »

« J’ai été victime d’agression sexuelle virtuelle pendant ma première année à l’université. Mon professeur me partageait toujours ses vidéos et photos chaque fois à 22 heures et 3 heures du matin. J’étais cheffe de promotion à l’époque, voilà comment il pouvait avoir accès facile à mon numéro. Il m’obligeait également de lui partager des photos sexy, si non, me promettait un échec profond dans son cours. Pas n’importe quel cours, un cours d’option. Je n’avais pas la paix, et je n’étais pas en sécurité. Des fois, mes proches retrouvaient mes photos nues dans mon téléphone et je manquais comment gérer. Et dans l’auditoire, je ne savais comment regarder le professeur, j’avais honte de moi. Fort malheureusement, je n’avais même pas réussi à son cours avec distinction. C’était juste avec une satisfaction moyenne. »

Il sied de signaler que la plupart de victimes de la cyberviolence ne sont pas informées sur leurs droits. Elles se heurtent à un mur d’ignorance et d’incompréhension comme lu entre les lignes des témoignages précédents.
La mise en place des campagnes d’information et de formation initiales et continues destinées aux filles est d’importance capitale dans la guerre contre la cyberviolence qui est longue et pénible.

Laetitia Ndeke

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