Jemimah Kamala : « L’écriture ne paie pas chez nous, mais je veux l’utiliser pour m’exprimer quand même »

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Jemimah Kamala, 18 ans, étudiante, est, comme la plupart des jeunes congolais, passionnée de l’écriture. A la différence des ses compères, Jemimah ne veut pas trouver obstacle l’argent que peut générer l’écriture en RDC et plus particulièrement sa ville Goma. Elle veut tout juste s’exprimer par ses textes et par des vidéos postées sur ses réseaux sociaux, dans lesquelles elle s’est nouvellement lancée.

Par David Kasi

Passionnée de la lecture depuis son jeune âge, Jemimah a décidé de se lancer dans l’écriture il y a maintenant 5 ans. Ses seuls outils de travail : sa main et un stylo à billes qui l’aident pour coucher sur papier toutes ses pensées, réflexions, maux, observations et opinions sur l’actualité de son pays, de sa région de Kivu, réputée pour les incessantes guerres depuis plus de deux décennies.

« J’écris de poèmes, des historiettes, de slam, presque tout… », Contraste-t-elle avant de nous dévoiler d’où est venue sa passion pour l’écriture. « L’inspiration, je ne sais pas vraiment comment le préciser mais c’est un peu complexe. Mon envie d’écrire est née depuis l’an 2016 ».

« C’était un amusement. J’ai commencé l’écriture comme un plaisir ; je voulais juste me dégager et après je crois que cette passion peut devenir une carrière pour moi. Ce sont le courage et la participation des autres personnes qui vont m’aider ».

Jemimah Kamala dans son petit bureau lors de notre entretien. ©️ Davius Faranga

Erreur de débutante, Jemy a voulu tout arrêter. Le soutien est venu de son entourage qui l’a poussé à poursuivre son rêve : écrire pour dénoncer, pour changer et pour construire. « Je voulais abandonner la carrière d’écriture, heureusement, j’ai eu de gens sur mon chemin qui m’ont poussé à continuer à faire mieux », raconte-t-elle.

L’entourage et l’internet pour apprendre à écrire

Bon nombre de jeunes congolais aspirant à être écrivain n’ont pas d’écoles fixes d’encadrement et beaucoup trouvent refuge dans les associations ou collectifs des écrivains pour se perfectionner. Jemy ne fait pas exception. Jusqu’à ces jours, elle écrit qu’en suivant les petites règles apprises au secondaire et fait l’auto-apprentissage. « Je suis les règles apprises à l’école secondaire, j’essaie de lire des autres et je fais l’auto-apprentissage grâce à l’internet. Je participe aussi dans les concours d’écrire et de poésie pour voir comment les autres évoluent », nous dévoile-t-elle. « Je dois aussi intégrer un club qui guide des jeunes écrivains, cela me donnera plus envie de continuer ».

Jemimah Kamala. ©️ Samson M.

Apres l’école secondaire, Kamala a décidé de poursuivre ses études universitaires en santé publique, une autre passion la permettant de sauver de vies humaines au-delà de son sens d’écriture qui l’aide à sauver des âmes. « Mes études ne sont pas un obstacle pour moi, bien au contraire car il m’arrive de commencer à écrire en plein cours. Les inspirations me tombent dessus », nous relate-t-elle pour dissimuler ce qui pourrait freiner l’évolution de ses deux passions.

Jemy reste encore une pépite de l’écriture dans la sphère littéraire gomatracienne. Elle n’a pas encore officiellement sorti une œuvre. Elle veut, avant de lancer son premier coup de plume, utiliser les reseaux sociaux pour des fins de communication et de sa promotion. « J’ai trouvé que c’est aussi une façon pour moi de se faire un peu plus écouter. Je conscientise et je prêche la morale de part ces vidéos postées sur mon compte instagram ». Sa motivation de se concentrer sur les reseaux sociaux oscille entre le gout qu’elle éprouve pour l’écriture et les conséquences positives qu’elle en tire sur le plan de la visibilité.

©️ Davius Faranga

La première sortie littéraire officielle de Kamala reste un secret de polichinelle à part bien évidement le titre et la date de sortie. Son premier bouquin sera de 30 pages et parlera du parcours d’une adolescente débouché de ses « petites expériences ». «  Je donne des conseilles à suivre pour ne pas dérailler pendant cette période de la vie », avance-t-elle. Jemy veut utiliser cette première œuvre comme clé pour se lancer dans un collectif d’écrivains au niveau local.

« L’écriture ne paie pas chez nous, mais je veux l’utiliser pour m’exprimer quand même », s’extrique Jemimah Kamala à la fin de notre entretien.

4 COMMENTS

  1. Expexionnel de la part du magazine ,quelle plume adorée du magazine ,quelle beauté de l’histoire , l’âme de ce texte fait une cadence romantique . quelle belle conclusion de Jemima celle que j’appelle the best . vraiment tout est OK , vous mériter des bouquets de soutiens et félicitations. J’ai l’impression que l’article continue

  2. courage a la jeunne ecrivain ,c’est une choses a féliciter et a encourager pour notre jeunesse
    et surtout a Jemimah kamala. courage la RDC a besoin de personne comme vous
    que rien ni personne ne te décourage .

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